Bonjour tout le monde!
Une fois n'est pas coutume, je passe le flambeau à ma tendre épouse Véronique. Elle écrit mieux que moi, vous y gagnez au change!
Rebonjour!
Ca fait une éternité de plus de cinq mois que le blog a été laissé en plan! Est-ce que les cette famille ne peut plus décoller de son hamac ? Pas du tout, mais alors pas du tout, on travaille dur, oui, tous les quatre.
D'abord, le point sur nos activités professionnelles; Gilles et moi travaillons pour le seul collège, « High School », du pays qui ait un cursus de musique obligatoire pour tous les élèves (ou toutes, car c'est une école de filles!). Nous sommes cinq collègues, pour enseigner les instruments à vent, le violon et violoncelle, et une classe de chant.
Chaque classe a droit à deux heures de musique par semaine, solfège et instrument compris. Le programme est tiré du sérieux et célèbre ABRSM, Associated Board of the Royal Schools of Music. Pourquoi "Royal"? Parce que ce système d'apprentissage vient d'Angleterre, et est utilisé dans de nombreux pays du Commonwealth.
Nous avons conscience de faire œuvre utile; pour une population d'adolescentes qui a très peu d'accès à la culture, c'est une ouverture vraiment précieuse. Nous avons des élèves qui n'ont jamais vu de concerts de leur vie, qui sont parfois d'un milieu très pauvre. Alors, quand après six mois de cours, elles peuvent lire les notes, comprendre les signes principaux de la notation musicale, et jouer quelques morceaux basiques sur leur instrument, c'est une formidable ouverture d'esprit. L'école finit à trois heures, mais évidemment pas la journée; en ce qui concerne les élèves, ils ont une pile de devoirs à faire, "homework"= littéralement, travail à la maison!
A la sortie de la High School, pour Gilles et moi, les cours d'école de musique commencent alors, vers 3H30. Là, il s'agit d'une «clientèle» différente; les enfants qui ont choisi de faire de la musique, et qui généralement, préparent des examens, viennent travailler en cours particuliers. Gilles donne des cours de violon les soirs quatre jours en semaine, et le samedi. Personnellement, je donne des cours de flûte deux jours plus le samedi, mais j'ai aussi un cours de français, deux soirs par semaine, pour la «Faculty of Management», qui fait partie de l'Université du Belize.
Voilà, comme ça, on ne s'ennuie pas trop. Je travaille ma flûte pendant les heures de libre en journée, car certains jours par exemple, je ne commence les cours qu'à 11h.
Et les enfants, dans tout ça ? Et bien, Yaëlle est dans une «primary school», ou école primaire, mais attention, l'école primaire dans le système anglo-saxon, accueille les enfants jusqu'à 13 ans! Là je dois dire que nous avons une chance folle; cette école est un espèce de petit miracle, ce qui compense un peu l'inconvénient de devoir vivre à Belize City, ville que nous n'aimons pas.
Donc, la BES, ou Belize Elementary School, est la meilleure école privée du pays. Quand je dis école privée, les prix n'ont rien à voir avec une école française à l'étranger, où l'on peut débourser des milliers de dollars. Nous payons environ l'équivalent de 150 dollars US par mois, somme en fait inaccessible pour la plupart de la population ici. Dans cette école, on trouve tous les enfants des gens du gouvernement, des Ambassades, des enfants ayant des parents impliqués dans des responsabilités, banques, hôpitaux, entreprises… Autant dire que c'est une école bien gardée, il y a un gardien en permanence, et aucun enfant ne peut sortir seul, contrairement à d'autres endroits.
Voici la classe de Yaëlle, notre fille, avec Yaëlle au premier rang au centre. Photo prise en juin 2007:
Here is a picture of Yaelle our daughter and her 2007 class in primary school, standard 4. She is in the center, first row:

Les bâtiments sont simples, des salles de classes toutes alignées, un espace au milieu de deux rangées de classes. Pas un papier par terre, une propreté impeccable, même dans les toilettes. Le terrain est assez grand et abrite un énorme gymnase, qui sert aussi pour les réunions et les spectacles.
Et maintenant, l'éthique. Les enfants ont un uniforme, une tenue spéciale pour les jours de sport. Ils sont tenus de respecter des règles de politesse, envers les professeurs et leurs camarades. Toute attitude impolie ou agressive fait l'objet d'une sanction.
Les cours ont lieu de 8h à 14H30, avec une pause assez courte pour manger. A la fin des cours, les enfants ont des «duties», c'est-à-dire qu'ils doivent tour à tour balayer leur classe, nettoyer les tables, etc., et ceci même si leur père est Ministre. Ceci est parfaitement accepté au Belize, où les élèves de toutes les écoles nettoient leur classe. Les élèves qui ont un trop grand nombre de « demerits », espèce de point malus pour tout manquement à la discipline, doivent se charger de la corvée poubelle.
Le cours sont très bien structurés, les livres de très grande qualité, ils viennent d'un excellent programme américain. Nous sommes stupéfaits de la somme d'information à retenir pour les tests de science, ou histoire sociale «social studies», cela couvre la géographie, histoire locale, instruction civique. Les enfants écoutent les cours sans un bruit et la plupart des élèves travaillent très bien. Il arrive que des parents ou enfants craquent, ne supportent pas l'intensité de travail demandé, et ils optent donc pour un changement d'école.
En ce qui nous concerne, nous sommes ravis; la politesse, le respect de tous, le sens des efforts demandés en permanence, donnent à Yaëlle une rigueur, un sens du devoir et de la considération des autres, que demander de plus à une école? Tout devoir doit être rendu à temps, tout progrès est mis à l'honneur. Il y a par exemple une sorte de tableau d'honneur à l'entrée, visible de tous. Le nom des élèves de chaque classe qui ont une moyenne supérieure à 85 sur 100 y figure. Yaëlle, qui vient d'avoir sa moyenne de deuxième trimestre (84,2%) espère fortement être sur le tableau au prochain trimestre !
Pour finir, il va sans dire que toutes les réunions, entre enseignants, entre parents et professeurs, se déroulent dans le respect et la considération entre tous. Il est également évident que dans cette école, qui abrite donc des enfants jusqu'à 13 ou 14 ans, qu'aucun élève ne fume ni ne se drogue, ce qui d'ailleurs occasionnerait un renvoi immédiat et définitif.
De temps à autres, il y a une fête pour se détendre, pour Noël, Pâques... Il y a également des spectacles préparés en classe, ou des évènements particuliers, comme le jour du sport, Halloween, le spectacle de fin d'année…
Aloïs quant à lui fréquente "Saint-John College", un collège de Jésuites réservé aux garçons. Bon, à vrai dire, les derniers Jésuites sont assez âgés et ont été remplacés par des professeurs laïques. Mais Saint John a toujours la réputation d'une école de bon niveau. Les bâtiments sont répartis sur un immense terrain de plusieurs hectares. Les salles de classes là encore sont modestes. Par contre l'environnement est très agréable; des pelouses parsemées de buissons fleuris, voire de grands arbres, exotiques bien sûr. A l'entrée, un canal dont il faut paraît-il se méfier a cause des crocodiles qui peuvent s'y aventurer. Aloïs, qui est amoureux des oiseaux, a le plaisir de côtoyer dans son quotidien nombre de perroquets, colibris, qui viennent butiner juste à côté des classes.
Là encore, l'uniforme est de rigueur, pantalon bleu et chemise blanche toute la semaine. En tant que parents nous devons dire que nous apprécions l'uniforme scolaire, qui incite les jeunes a une présentation correcte de leur personne. La tenue vestimentaire unique pour tous n'annihile absolument pas la personnalité des jeunes ou leur créativité, contrairement aux craintes des détracteurs, que je vois parfois s'exprimer sur Internet au sujet d'un possible port de l'uniforme dans les écoles françaises.
Une fois n'est pas coutume, je passe le flambeau à ma tendre épouse Véronique. Elle écrit mieux que moi, vous y gagnez au change!
Rebonjour!
Ca fait une éternité de plus de cinq mois que le blog a été laissé en plan! Est-ce que les cette famille ne peut plus décoller de son hamac ? Pas du tout, mais alors pas du tout, on travaille dur, oui, tous les quatre.
D'abord, le point sur nos activités professionnelles; Gilles et moi travaillons pour le seul collège, « High School », du pays qui ait un cursus de musique obligatoire pour tous les élèves (ou toutes, car c'est une école de filles!). Nous sommes cinq collègues, pour enseigner les instruments à vent, le violon et violoncelle, et une classe de chant.
Chaque classe a droit à deux heures de musique par semaine, solfège et instrument compris. Le programme est tiré du sérieux et célèbre ABRSM, Associated Board of the Royal Schools of Music. Pourquoi "Royal"? Parce que ce système d'apprentissage vient d'Angleterre, et est utilisé dans de nombreux pays du Commonwealth.
Nous avons conscience de faire œuvre utile; pour une population d'adolescentes qui a très peu d'accès à la culture, c'est une ouverture vraiment précieuse. Nous avons des élèves qui n'ont jamais vu de concerts de leur vie, qui sont parfois d'un milieu très pauvre. Alors, quand après six mois de cours, elles peuvent lire les notes, comprendre les signes principaux de la notation musicale, et jouer quelques morceaux basiques sur leur instrument, c'est une formidable ouverture d'esprit. L'école finit à trois heures, mais évidemment pas la journée; en ce qui concerne les élèves, ils ont une pile de devoirs à faire, "homework"= littéralement, travail à la maison!
A la sortie de la High School, pour Gilles et moi, les cours d'école de musique commencent alors, vers 3H30. Là, il s'agit d'une «clientèle» différente; les enfants qui ont choisi de faire de la musique, et qui généralement, préparent des examens, viennent travailler en cours particuliers. Gilles donne des cours de violon les soirs quatre jours en semaine, et le samedi. Personnellement, je donne des cours de flûte deux jours plus le samedi, mais j'ai aussi un cours de français, deux soirs par semaine, pour la «Faculty of Management», qui fait partie de l'Université du Belize.
Voilà, comme ça, on ne s'ennuie pas trop. Je travaille ma flûte pendant les heures de libre en journée, car certains jours par exemple, je ne commence les cours qu'à 11h.
Et les enfants, dans tout ça ? Et bien, Yaëlle est dans une «primary school», ou école primaire, mais attention, l'école primaire dans le système anglo-saxon, accueille les enfants jusqu'à 13 ans! Là je dois dire que nous avons une chance folle; cette école est un espèce de petit miracle, ce qui compense un peu l'inconvénient de devoir vivre à Belize City, ville que nous n'aimons pas.
Donc, la BES, ou Belize Elementary School, est la meilleure école privée du pays. Quand je dis école privée, les prix n'ont rien à voir avec une école française à l'étranger, où l'on peut débourser des milliers de dollars. Nous payons environ l'équivalent de 150 dollars US par mois, somme en fait inaccessible pour la plupart de la population ici. Dans cette école, on trouve tous les enfants des gens du gouvernement, des Ambassades, des enfants ayant des parents impliqués dans des responsabilités, banques, hôpitaux, entreprises… Autant dire que c'est une école bien gardée, il y a un gardien en permanence, et aucun enfant ne peut sortir seul, contrairement à d'autres endroits.
Voici la classe de Yaëlle, notre fille, avec Yaëlle au premier rang au centre. Photo prise en juin 2007:
Here is a picture of Yaelle our daughter and her 2007 class in primary school, standard 4. She is in the center, first row:

Les bâtiments sont simples, des salles de classes toutes alignées, un espace au milieu de deux rangées de classes. Pas un papier par terre, une propreté impeccable, même dans les toilettes. Le terrain est assez grand et abrite un énorme gymnase, qui sert aussi pour les réunions et les spectacles.
Et maintenant, l'éthique. Les enfants ont un uniforme, une tenue spéciale pour les jours de sport. Ils sont tenus de respecter des règles de politesse, envers les professeurs et leurs camarades. Toute attitude impolie ou agressive fait l'objet d'une sanction.
Les cours ont lieu de 8h à 14H30, avec une pause assez courte pour manger. A la fin des cours, les enfants ont des «duties», c'est-à-dire qu'ils doivent tour à tour balayer leur classe, nettoyer les tables, etc., et ceci même si leur père est Ministre. Ceci est parfaitement accepté au Belize, où les élèves de toutes les écoles nettoient leur classe. Les élèves qui ont un trop grand nombre de « demerits », espèce de point malus pour tout manquement à la discipline, doivent se charger de la corvée poubelle.
Le cours sont très bien structurés, les livres de très grande qualité, ils viennent d'un excellent programme américain. Nous sommes stupéfaits de la somme d'information à retenir pour les tests de science, ou histoire sociale «social studies», cela couvre la géographie, histoire locale, instruction civique. Les enfants écoutent les cours sans un bruit et la plupart des élèves travaillent très bien. Il arrive que des parents ou enfants craquent, ne supportent pas l'intensité de travail demandé, et ils optent donc pour un changement d'école.
En ce qui nous concerne, nous sommes ravis; la politesse, le respect de tous, le sens des efforts demandés en permanence, donnent à Yaëlle une rigueur, un sens du devoir et de la considération des autres, que demander de plus à une école? Tout devoir doit être rendu à temps, tout progrès est mis à l'honneur. Il y a par exemple une sorte de tableau d'honneur à l'entrée, visible de tous. Le nom des élèves de chaque classe qui ont une moyenne supérieure à 85 sur 100 y figure. Yaëlle, qui vient d'avoir sa moyenne de deuxième trimestre (84,2%) espère fortement être sur le tableau au prochain trimestre !
Pour finir, il va sans dire que toutes les réunions, entre enseignants, entre parents et professeurs, se déroulent dans le respect et la considération entre tous. Il est également évident que dans cette école, qui abrite donc des enfants jusqu'à 13 ou 14 ans, qu'aucun élève ne fume ni ne se drogue, ce qui d'ailleurs occasionnerait un renvoi immédiat et définitif.
De temps à autres, il y a une fête pour se détendre, pour Noël, Pâques... Il y a également des spectacles préparés en classe, ou des évènements particuliers, comme le jour du sport, Halloween, le spectacle de fin d'année…
Aloïs quant à lui fréquente "Saint-John College", un collège de Jésuites réservé aux garçons. Bon, à vrai dire, les derniers Jésuites sont assez âgés et ont été remplacés par des professeurs laïques. Mais Saint John a toujours la réputation d'une école de bon niveau. Les bâtiments sont répartis sur un immense terrain de plusieurs hectares. Les salles de classes là encore sont modestes. Par contre l'environnement est très agréable; des pelouses parsemées de buissons fleuris, voire de grands arbres, exotiques bien sûr. A l'entrée, un canal dont il faut paraît-il se méfier a cause des crocodiles qui peuvent s'y aventurer. Aloïs, qui est amoureux des oiseaux, a le plaisir de côtoyer dans son quotidien nombre de perroquets, colibris, qui viennent butiner juste à côté des classes.
Là encore, l'uniforme est de rigueur, pantalon bleu et chemise blanche toute la semaine. En tant que parents nous devons dire que nous apprécions l'uniforme scolaire, qui incite les jeunes a une présentation correcte de leur personne. La tenue vestimentaire unique pour tous n'annihile absolument pas la personnalité des jeunes ou leur créativité, contrairement aux craintes des détracteurs, que je vois parfois s'exprimer sur Internet au sujet d'un possible port de l'uniforme dans les écoles françaises.
par Véronique
publié dans :
Écoles du Belize